Cinq convictions pour guider l’action de la CGE L’exercice de la définition des grandes orientations préside à toute prise de fonction. Lors de sa première conférence de presse, Pierre Tapie, directeur de l’ESSEC et président de la Conférence des Grandes Ecoles nouvellement élu, n’a pas dérogé à cette règle.
« Nous avons besoin de mieux promouvoir ce que nous sommes. » Promouvoir un modèle de formation intégrant le conceptuel et le pratique grâce au vecteur et savoir-faire des écoles, le stage. «
Nous devons communiquer sur la variété de nos écoles et de leurs projets, la richesse de leur couverture du territoire. Nous devons faire reconnaître notre action en tant qu’étape de la chaîne de valeur de valorisation du savoir dans le lieu de la recherche technologique et managériale. »
Exprimer des propositions
Le mode travail de la CGE doit s’amplifier : benchmark et think thank. Utiliser le gisement d’expériences pour exprimer des propositions pour le pays. En matière d’emploi aussi la CGE peut aller plus loin en formant «
des gens au tempérament et à l’ambition d’entreprendre. »
Les écoles doivent se pencher sur l’enjeu du mérite républicain avec celui sous-jacent de la qualification des personnes alors que le pays se bat sur le terrain de l’économie de la connaissance. « L’imagination pédagogique est mise au défi face au drame des 150 000 jeunes exclus du système sans diplôme. C’est une bombe à retardement pour le pays. »
Défendre un modèle
«
Nous devons de plus exiger pour nous le respect des principes de la République. La discrimination du droit à agir en tant qu’acteurs universitaires, au regard du statut administratif des établissements, doit cesser. L’ostracisme subi dans certains PRES doit être dépassé. Nous devons redresser les informations inexactes. »
L’opposition grandes écoles universités est stérile a rappelé le président. Et les deux privilèges des écoles que sont, la sélection des étudiants et l’autonomie de gouvernance, « ne seront légitimes à long terme que dans un paysage apaisé de l’enseignement supérieur. »
Les grandes écoles forment un quart des doctorants en France
Et elles veulent le faire savoir. Elles représentent un flux de 25 % du total des docteurs diplômés chaque année en France, et plus de 50 % de ceux diplômés dans leurs secteurs des sciences et technologies. Les laboratoires des écoles mobilisent des milliers de chercheurs, dont certains font partie des fleurons internationaux dans leurs disciplines.
Soit 2 500 diplômés par an
La commission recherche et transferts présidée par A. Storck produit depuis 2004 des statistiques sur les doctorants dans les écoles. Leur nombre connaît une croissance continue. «
Les premiers éléments de l’enquête en cours indiquent que 12 à 13 000 doctorants travaillent dans les laboratoires des grandes écoles. » La durée moyenne d’une thèse est de 3,5 ans. Les doctorants étrangers représentent 30 % des effectifs.
Et s’interrogent sur un doctorat et une recherche nouvelle génération
La commission s’interroge sur la création d’un doctorat scientifique/ingénieur, un programme de recherche transdisciplinaire mais aussi de cursus mixtes littéraire/scientifique. En octobre 2008, la commission a remis au président de la CGE son rapport visant à définir l’existence d’un champ de recherche spécifique propre aux sciences du génie. «
Il a pour objet de préciser qu’elle serait la capacité de structures d’enseignement supérieur professionnel à développer en leur sein une recherche plus autonome, plus inventive et plus entrepreneuriale qu’elle ne l’est, recherche susceptible de déboucher sur des productions de richesses nationales disruptives, économiquement exploitables et créatrices d’emplois. »
L’étude prône le développement d'une recherche ambitieuse et inventive, dite «
sciantifique », fondée sur une valorisation du jugement synthétique a priori ainsi que sur une liberté de penser de manière latérale. Les réformes à promouvoir sont donc d’abord cognitives avant d’être organisationnelles.
ADF
