Fès, la mystérieuse Emblématique, Fès attire toujours et, de plus en plus. Ville de savoir et de spiritualité, elle regorge de fontaines, de riyads, de monuments, de sites historiques et culturels, d’innombrables trésors pour les yeux. Tentons d’apprécier quelques uns de ses lieux incontournables.
Une médina millénaire
L’année 2008 marque un tournant pour la ville de Fès qui a célébré, en grandes pompes, ses 1 200 ans d’existence. A cette occasion, des artistes nationaux et internationaux se sont donné rendez-vous sur la place la plus connue de la ville, Bab Boujloud. Fondée en 808 par Moulay Idriss II, Fès fut alors déclarée capitale du Maroc. Mystérieuse et envoûtante, elle renferme des patrimoines d’une valeur inestimable. C’est sans doute l’une des raisons pour laquelle la ville fut déclarée, en 1981, patrimoine mondial de l’Unesco, soit la première ville non européenne classée par l’Unesco.
Un labyrinthe géant
La première chose qui frappe toute personne visitant Fès, c’est l’étroitesse des rues de la médina, comprenez le coeur de la vieille ville. Parce que depuis 808, la ville s’est agrandie ! On distingue Fès el-Bali (la ville ancestrale), de Fès Jedid (nouvelle ville avec ses centres commerciaux, ses grands boulevards et ses fast food à l’occidentale).
Donc si vous êtes plutôt amateur d’authenticité et d’orientalisme, optez pour Fès el-Bali, au nord de la cité. Mais là, vos capacités de réaction seront testées. Mieux vaut le savoir. En effet, au son des «
balek, balek » (attention, attention), projetez-vous assez rapidement sur le côté, car les rues sont tellement exigues, que vous pouvez parfois, à peine marcher aux côtés d’une autre personne.
Les
« balek balek » signifient l’approche d’un « convoi exceptionnel d’ânes ou de mulets. Prioritaires dans ces rues, ils approvisionnent les marchands du souk en babouches, tajines, sacs et autres merveilles. Ces dédales de ruelles s’organisent en un rempart d’une quarantaine de kilomètres et en un enchevêtrement de plus de 9 000 ruelles tortueuses surpeuplées. Une bonne carte est donc plus que nécessaire, et un guide est parfois conseillé. Dans ce cas, mieux vaut se rapprocher de l’office du tourisme pour obtenir les contacts des guides officiels. Une fois paré, la découverte de la ville s’offre à vous.
Une influence mauresque et arabo-andalouse
Au détour d’un passage, le mausolée de Moulay Idriss se laisse entr’apercevoir, mais attention à la tête car toute les rues qui mènent au sanctuaire sont bordées de poutres situées à 1,60 m, et délimitant un périmètre sacré interdit aux bêtes de somme. Ce sanctuaire, réservé aux musulmans, est un lieu de pèlerinage où l’on vient se recueillir sur le tombeau du fondateur de la cité. De somptueuses portes en cèdre composées de zelliges méritent le coup d’oeil. Non loin de là, à quelques rues près, la plus ancienne université du monde (voir encadré), La Quaraouiyine se dresse.
Mais le coeur de la vieille ville, c’est aussi l’occasion de faire des affaires. Lieu incontournable pour la maroquinerie, le fer forgé, et les zelliges, le quartier Attarine ou la place Seffarine regorgent d’artisans d’un ancien temps. Sacs en cuir ou en peau, poufs, babouches, lampes, appliques, tout se négocie. Et pour ceux qui souhaitent voir comment les peaux sont travaillées, la visite de la tannerie Chouarra est à programmer. Une feuille de menthe collée aux narines, pour ne pas être indisposé par les fortes odeurs qui s’en dégagent, vous aurez la chance de voir une authentique tannerie traditionnelle, une vision presque hors du temps.
Cette tannerie, la plus grande de par sa taille, se compose de nombreuses fosses où l'on traite les peaux, et dans lesquels les tanneurs les teignent grâce à des substances végétales comme le tannin ou la chaux. Des terrasses environnantes, on peut contempler le spectacle de couleurs.
Une bouffée d’oxygène et un régal pour les babines
En redescendant plus au sud, la place Nejjarine propose des parfums plus doux. En effet, les effluves de cèdre ou d’eucalyptus nous indiquent que nous sommes dans le quartier des ébénisteries. Là, un savoir-faire ancestral se profile sous nos yeux. Toujours sur cette place, l’une des plus belles fontaines de la ville dévoile ses arabesques en zelliges bleus, verts, oranges et noirs. Les artisans du bois partagent le quartier avec les vendeurs de nougats qui vous invitent à la dégustation. Impossible de manquer le splendide portail qui surplombe la place. Il s’agit du Fondouk Nejjarine, un ancien caravansérail, aujourd’hui reconverti un un musée des arts et métiers du bois.
Une exception qui résiste au temps
La ville de Fès est la seule du Maroc à avoir gardé sa physionomie d’origine. Capitale historique du royaume, Fès est la plus ancienne des 4 villes impériales marocaines. Son patrimoine culturel et architectural est considérable grâce à la préservation de ses nombreux monuments. Egalement capitale culturelle et spirituelle, on peut facilement se laisser emporter à travers son histoire, grâce à ses nombreuses mosquées, médersas, fondouks, fontaines jardins historiques, murailles et remparts, portes fortifiées, etc. Le dépaysement est garanti, tout comme le voyage dans le temps.
N.D
Informations pratiques
Formalité : le passeport est obligatoire
Monnaie : le dirham. 1 Dh = 0,09 centimes d’euros
Langue : arabe. Néanmoins, tous les commerçants parlent français.
Décalage horaire : 2 heures en été, 1 heure en hiver
On y va avec : Ryanair : www.ryanair.com, Royal Air Maroc : www.royalairmaroc.com, Air France : www.airfrance.com
A savoir : les étés peuvent être caniculaires, jusqu’à 45°C, et les hivers glaciaux.
Le printemps et l’automne sont donc conseillés pour visiter la ville.
A ne pas manquer : le Festival de musiques sacrées qui a lieu tous les ans au mois de juin.
A visiter à proximité : la ville de Meknès, les ruines de l’antique cité romaine Volubilis, les thermes de Moulay Yacoub ou encore la station thermale Sidi Harazem.
Pour se déplacer : les petits taxis de couleur rouge travaillent avec compteur et à la course.
Les grands taxis, blancs, sont moins chers mais le prix se négocie et ils attendent d’être au plein pour démarrer.
Les bus proposent un tarif dérisoire mais sont surpeuplés, et les arrêts ne sont pas indiqués.
Utile : Conseil régional de tourisme (CRT) de Fès : Tél. : 00 212 35 94 24 92
Un site pour en savoir plus : www.fes-city.com
La Quaraouiyine, la plus ancienne université au monde
L’une des plus grandes universités du monde, et surtout la plus ancienne, a été fondée par une femme, en 859, Fatima El Fihria, originaire de Kairouan, en Tunisie. Doublée d’une mosquée, la Quaraouiyine devient très vite le centre spirituel et intellectuel de la cité. Du Xe au XIIe siècle, elle sera un important centre d'enseignement et une des premières universités au monde, où est dispensé, depuis le Moyen âge, un savoir religieux, littéraire et scientifique de très haut niveau. Elle est considérée comme la doyenne des universités de Bologne, Oxford, et même de la Sorbonne.
Elle est l'emblème de la ville et son architecture est un des meilleurs représentants du style arabo-andalou. Située dans le berceau de la médina, elle s’étend sur 6 000 m2. On peut y accéder par 14 portes qui laissent apparaître sa majestueuse cour. Les précieuses coupoles en plâtre sculpté datent de la dynastie des Almoravides (XIème siècle).
La cour, rectangulaire, est ornée de 50 000 zelliges bleus et blancs, qui, avec le reflet du soleil, constituent un décor presque féerique. Un véritable enchantement pour les yeux. De même que les nombreux arcs décoratifs ou encore les magnifiques pavillons saoudiens. Au centre, jaillit une fontaine taillée dans le marbre, dans laquelle les fidèles peuvent accomplir leurs ablutions.
De grands noms parmi les intellectuels de l’époque vont fréquenter ses bancs. Parmi eux, on peut citer les précurseurs du soufisme Ibn Hrizim ou Abou Madyane, mais aussi les philosophes Avenpace et Averroès.
Des madrasas sont construites autour de la Quaraouiyine. Dotée d'une bibliothèque considérable, réputée alors dans tout le monde civilisé, des étudiants venaient aussi bien du Maghreb, d'Orient, d'Afrique, d'Espagne, et même d'Europe pour y étudier. Aujourd’hui, l’université dispose de 5 bibliothèques, soit 45 268 volumes, dont certains datent du IXéme siècle. Pendant douze siècles, la Quaraouiyine voit son architecture évoluer et s'agrandir.
