Peut-on faire carrière dans l’humanitaire ? (2) LE SCOUTISME, une école de management
vu par Jacques Milcent, Délégué Territorial pour l’Oise
Formé par RMS, Directeur Commercial chez Alpla, pourquoi choisir les Scouts et Guides de France ?
En charge du développement des Grands Comptes au sein d’Alpla, fabricant mondial d’emballages en plastique pour les produits de grande consommation, j’ai souhaité développer mes compétences en participant au programme Master Spécialisé Management des Grands Comptes proposé par RMS. Ce qui me frappe toujours dans le scoutisme, c’est la force de l’engagement des jeunes adultes. J’ai eu envie de m’engager au service des Scouts, mouvement citoyen, acteur de la diversité, dont le projet est de faire grandir les plus jeunes en leur apprenant le respect des autres et en leur proposant une vie dans la nature.
Dans l’Oise, j’ai pu mettre au service de ce mouvement mes compétences professionnelles : gestion d’équipe, management de projet, négociation avec les partenaires.
Concrètement, comment passez-vous de votre vie professionnelle à votre action associative ?
C’est parfois délicat. Ma fonction chez Alpla se déroule souvent à l’étranger. Comme il y a un vrai ressourcement dans la mission que je mène dans le scoutisme, je pense avoir trouvé un bon équilibre entre une vie professionnelle très dense auprès des clients Grands Comptes internationaux du groupe Alpla et l’action de développement et de management que je mène chez les Scouts et Guides de France.
Contact :
jacques.milcent@wanadoo.fr
TROIS QUESTIONS À MARIE-CHARLOTTE BRUN (ESCP EUROPE 05), RESPONSABLE DU SERVICE MARKETING DE MSF
De quand date votre ambition d’exercer dans l’humanitaire ?
C’est une motivation que j’ai exprimée devant le jury d’admission à ESCP. Au cours de mon parcours j’ai approfondi ma connaissance de la nébuleuse humanitaire. J’ai fait partie de l’Association « Rue des enfants ». Je suis partie 4 mois auprès des enfants des rues au Vietnam.
Cette expérience choc a confirmé mon ambition. Après le terrain, je souhaitais réaliser une césure dans un siège d’ONG. C’est un secteur assez fermé, j’ai dû enfoncer les portes.
C’est ainsi que vous avez intégré MSF ?
J’ai fait un stage chez MSF à la collecte de fonds, puis réalisé un audit de la collecte dans tous les centres MSF. J’ai visité 17 pays, c’était formidable. Ils m’ont rappelée et j’ai intégré l’association. Aujourd’hui je suis chargée de la recherche de fonds privés, des actions de sollicitation directe auprès des donateurs particuliers et entreprises.
Parlez-nous du métier de l’humanitaire
Le siège compte 150 personnes de deux profils principaux : les pionniers de la première heure ; et de plus en plus de gens issus du privé. C’est un petit milieu, où il est possible de faire carrière au sein de son ONG, dans une autre, voire dans une Fondation d’entreprise. Les ONG cherchent des profils atypiques, qui ont un petit quelque chose en plus, un vrai engagement personnel.
TROIS QUESTIONS À THIBAUT GUILLUY (ESCP EUROPE 99), DG DE L’ASSOCIATION ARES
Comment est née votre vocation ?
J’ai intégré ESCP Europe à 18 ans. Dès le premier jour on nous a dit que nous serions les décideurs de demain, j’ai senti un décalage. J’ai monté une association avec des anciens de la prépa, « Cible préparation », d’aide pour la préparation au Bac ou aux concours. Le fruit de nos stages était reversé à des actions humanitaires. Je suis parti en stage auprès des enfants des rues à Calcutta puis j’ai monté des projets des projets d’accès au sport et à l’informatique avec des copains d’école. J’ai également réalisé des stages « classiques » pour être sûr de ce que je ne voulais pas.
Vous avez d’emblée couplé votre vocation avec l’entrepreneuriat ?
J’ai suivi l’option création d’entreprise avec pour objectif de créer une entreprise qui ait du sens. J’ai fait un stage chez ARES, durant lequel j’ai créé une entreprise d’insertion. J’ai fondé « Sports sans frontière » avec deux copains de ESCP Europe. Nous avons utilisé la solidarité internationale pour mobiliser des gens en difficulté en France.
J’ai ensuite créé « Ateliers sans frontières » dans le même esprit. Puis j’ai pris la tête d’ARES, groupe d’entreprises d’insertion.
Un conseil aux jeunes qui souhaitent suivre votre chemin ?
De profiter des études pour multiplier les expériences, faire le tour du monde, s’ouvrir à d’autres réalités. Il faut aussi faire le tour de soi-même, de ce qu’on veut vraiment dans la vie, qu’est-ce qui va nous nourrir. Il faut faire vivre ses convictions, ne pas avoir peur de se lancer. Ce doit être un choix réfléchi. Ce qui nous fait nous lever chaque matin, c’est la conviction, le sens, la motivation.
www.ares-association.fr 