Une école à la Une : ESSEC – « L’âme de l’Essec est son génie pédagogique » L’ambition historique de l’ESSEC est d’inventer « un modèle de management européen original ». Quels sont les ingrédients de ce management humaniste, dans une vision d’intérêt général et pour inventer un monde global qui ait du sens ? La réponse de Pierre Tapie, directeur général de l’ESSEC et premier président de la CGE issu du monde du management.
Quels sont les fondements de la pédagogie de l’ESSEC ?
Notre tradition est de former des managers business dotés de recul, d’une profondeur de champ, de l’envie de comprendre la société dans laquelle ils exercent. Ils ne seront pas seulement des managers, mais bien des citoyens éclairés, qui comprennent la complexité du monde. Le bon manager contemporain est capable d’écouter son environnement et la société. Il se pose la question de son action de management, anticipe en permanence les attentes de son environnement. Un modèle de management n’est jamais achevé, entre ce que l’on fait aujourd’hui et ce qui pourrait être mieux demain. C’est le sens de notre ambition d’inventer en permanence.
Comment définissez-vous ce modèle de management européen original ?
Nous souhaitons ne pas nous situer dans un modèle, mais inventer en permanence. L’âme de l’ESSEC est son génie pédagogique, sa capacité à renouveler un contenu intellectuel, à proposer au moment pertinent, à se sentir libre par rapport à une réalité établie. Nous faisons les choses en harmonie avec les attentes de nos étudiants et la demande sociale. Notre tradition d’humanisme fait la différence : elle intègre une vision de l’intérêt général et incite chaque étudiant à mettre les enjeux économiques en perspective avec les enjeux sociaux pour inventer un monde global qui ait du sens pour tous.
Comment le jeune de prépa peut-il savoir s‘il s’épanouira à l’ESSEC ?
L’élève de prépa est souvent mal informé et plutôt orienté par le pseudo système de classement. Il lui faut une certaine force morale pour faire un choix libre. Les deux écoles leaders du management présentent deux modèles pédagogiques, cultivent des personnalités différentes. Certaines sont donc adaptées à un système ou à l’autre. L’ESSEC considère l’écrit comme ayant entièrement sélectionné le potentiel intellectuel. L’oral s’intéresse exclusivement à la personnalité du candidat. Durant trois quarts d’heure, trois personnes avec des sensibilités différentes (un professeur, un ancien, un élève en fin d’études) cherchent à identifier de fortes personnalités. Les candidats passent également des tests psychologiques visant à déceler les potentiels de leadership.
A. D-F
Une vaste offre de double diplômes
L’ESSEC se caractérise par une large palette de double cursus.
« Nous proposons un accès à la plus riche plateforme de double diplômes de niveau MBA au monde. »
Sur la scène française, l’ESSEC propose des double cursus en droit, avec Saint-Cyr, en actuariat, pour des médecins. « Nous préparons de nouveaux double cursus – mutuels à l’instar de notre accord avec Saint-Cyr - avec des écoles d’ingénieurs. »
Pierre Tapie est le nouveau président de la CGE et le premier directeur d’une école de management à prendre ces responsabilités. Polytechnicien, docteur en biophysique et formé à l’INSEAD, il a également dirigé durant 11 ans l’ESA Purpan, école d’ingénieurs post Bac à Toulouse. « De ces expériences, je pense pouvoir tirer un regard riche sur la variété et la réalité des grandes écoles françaises. Je souhaite en outre faire partager une conscience très personnelle que cette diversité crée de la valeur. »
La CGE est pour M. Tapie, le seul endroit où l’on peut librement, hors des courants politiques, évoquer les enjeux de l’enseignement supérieur français. « Avoir des débats consensuels, une parole compétente entre professionnels, peut être utile après les difficultés qu’a connu l’enseignement supérieur ce printemps. C’est une contribution qu’entend apporter la CGE dans le débat public. » |