Les perspectives de recrutement pour les jeunes financiers Les profils financiers ont la côte chez les recruteurs. A condition d’avoir une bonne spécialisation, les hautes sphères des entreprises sont à portée de mains : dérivés, fusions/acquisitions, contrôle de gestion… autant de fonctions émergentes qui ont pris une importance croissante dans la stratégie des grands groupes.
Les métiers financiers ne se sont jamais aussi bien portés. Les trois quarts des embauchés dans la finance aujourd’hui ont moins de 30 ans et un tiers sont des jeunes diplômés. En outre, une vague de départs à la retraite sans précédent est attendue dans les années à venir, due à une pyramide des âges vieillissante (plus de 50 % des salariés ont dépassé les 45 ans).
Les banques en pleine croissance
Après de fortes concentrations, six grands réseaux bancaires se partagent aujourd’hui le marché français. Tous ont tous connu une année 2005 particulièrement favorable, voyant la totalité de leurs activités progresser, notamment la gestion d’actifs et la banque de détail. Les recrutements ont suivi, comme le montre le tableau ci-dessous, et 2006 s’annonce encore meilleure. Pour Jean-Pierre Rougier, Managing Consultant chez Futurestep, « c’est la première fois depuis 20 ans que les opportunités d’emploi en finance pour les jeunes diplômés débutants sont aussi bonnes ». Toutefois, attention aux idées reçues. Si les fonctions commerciales représentent près de 40 % de ces emplois dans la finance, une grande compétence technique est recherchée pour tous les autres postes. En premier lieu desquels l’informatique financière, très gourmande en jeunes diplômés immédiatement opérationnels. Une vraie révolution s’est opérée au sein des systèmes informatiques bancaires, afin de privilégier une meilleure connaissance du client et une meilleure accessibilité via Internet notamment. Les jeunes ingénieurs excellent dans ces fonctions très techniques.
Des métiers très porteurs
Là où les jeunes financiers ont le plus de points à jouer reste indéniablement les banques d’investissement, qui enregistrent des profits record et investissent en masse pour étoffer leurs équipes, notamment sur les produits dérivés. Là encore, sans exclure les autres, les jeunes ingénieurs ont la côte, grâce à leur capacité à raisonner vite sur des domaines complexes et très mathématiques. La tendance s’inverse en ce qui concerne les fusions/acquisitions, qui exigent plus de sens politique et stratégique, et une bonne vision d’ensembles des différents marchés et acteurs économiques. Le jeune diplômé commencera par contre dans une équipe composée de seniors plus expérimentés qui lui enseigneront les ficelles du métier, avant de pouvoir se lancer de façon autonome.
Les activités de banque privée (ou Private Banking) recherchent de leur côté des gens avec une solide culture financière, capable de faire des arbitrages pour le compte des clients aisés. Les DESS de gestion de patrimoine de Clermont Ferrand ou de Dauphine concurrencent en ce domaine très honorablement les meilleures grandes écoles de commerce. « Ces deux formations sont très cotées dans leur domaine. Quand ils sortent, les étudiants sont vraiment experts en la matière, savent de quoi ils parlent… malheureusement, et sauf stages particulièrement tournés vers l’opérationnel, ils ont rarement déjà vu un client » confie Jean-Pierre Rougier. Ceux qui ne se découvrent pas la fibre commerciale évoluent alors en général vers la gestion d’actifs (ou Asset Management), également très en vogue.
La comptabilité et le marketing restent des valeurs sûres
Enfin, une autre possibilité est de se diriger vers les métiers qui optimisent la gestion des banques, comme l’informatique, dont on a déjà parlé, mais aussi la comptabilité. La maîtrise des normes IAS/IFRS est réellement un sésame gagnant, qui plus est à long terme, puisque les normes comptables sont amenées à évoluer sans cesse, tout comme les techniques de consolidation et de reporting, particulièrement porteuses sur le marché de l’emploi. Quant au marketing, trop souvent négligé, il est pourtant au cœur de la chaîne de valeurs. « Sur un marché où les offres se ressemblent de plus en plus, tant au niveau des services, que des prix ou de la taille des réseaux, il apparaît évident que la différenciation se fera par le marketing » explique Jean-Pierre Rougier. L’éventail de carrières est donc large pour les jeunes financiers prêts à remplacer leurs aînés avec passion et dynamisme.
AN
