Des profils très complets, particulièrement recherchés Attirés par des carrières passionnantes et bien payées, près de la moitié des étudiants de l’Ensae choisissent la Finance de marché ou l’actuariat. Une tendance en phase avec leur solide formation généraliste alliant mathématiques, statistiques et économétrie. Explications avec Emmanuel Massé, X 94, Ensae 99, professeur de finance et assurance à l’Ensae.
« Nous dispensons avant tout une formation généraliste reposant sur trois piliers : les mathématiques, les statistiques et l’économétrie » commence Emmanuel Massé, professeur permanent de finance à l’Ensae, avant d’ajouter : « Ces trois composantes forment un socle de connaissances fondamentales qui seront nécessaires à l’étudiant, quel que soit le futur métier qu’il choisira ». Est-ce à dire que la finance est absente des deux premières années du cursus ? Non, car au cours de la deuxième année, les étudiants peuvent prendre un début de « coloration » en choisissant une majeure statistiques, économie ou finance. Principalement située au deuxième semestre, cette majeure comprend entre autres des cours de théorie du risque, d’instruments financiers et de calcul stochastique. « 54% des étudiants ont choisi la majeure finance en 2005, car cela leur permet de se faire une idée de leur goût pour la finance et de ce qu’elle englobe » explique Emmanuel Massé.
Une troisième année d’approfondissement
C’est en troisième année que se fait le véritable choix : la voie de spécialisation. Sur les six proposées, deux sont consacrées à la finance, et regroupent à elles seules 56 % des 148 étudiants de la promo. Entre finance de marché et actuariat, la balance penche légèrement du côté de la première. L’enseignement est dispensé de façon intensive sur trois jours de la semaine, tandis que le reste du temps est consacré soit à un Master de recherche (Masef de Dauphine ou Paris VII pour la finance de marché), soit à une activité en alternance en entreprise, afin de renforcer sa professionnalisation. « La charge de travail est importante pour les étudiants, mais c’est un investissement sur le long terme » estime Emmanuel Massé.
Choisir entre finance de marché ou actuariat
La voie Finance de marché comprend un socle de base très technique (calcul stochastique avancé, arbitrage, gestion des risques de marché…), complété par trois modules à choisir parmi « gestion et contrôle des risques », pour ceux qui se destinent aux métiers de la gestion d’actifs/passifs par exemple ; « ingénierie financière » pour les fonctions liées aux salles de marché tels que traders ou ingénieurs financiers ; et enfin « économétrie de la finance », module plus théorique permettant d’évoluer vers des postes en recherche ou en exploitation de données, promis à un bel avenir. La voie de spécialisation en actuariat, développée en partenariat avec l’Institut des actuaires, permet à l’Ensae de présenter ses étudiants au titre d’actuaire. Seules exigences : obtenir une moyenne totale de douze et aucune note inférieure à huit sur l’ensemble des 13 matières obligatoires, et bien sûr rédiger un mémoire d’actuariat. « Rares sont les étudiants qui n’obtiennent pas leur diplôme d’actuaire, une motivation et un travail régulier sont la clé » estime cet ancien de l’Ensae, lui-même actuaire. Ici, pas de modules, mais une répartition des cours entre finance (évaluation d’actifs, gestion de portefeuille…) et assurance (droit de l’assurance, réassurance, retraite…). Notons que la moitié des enseignements de l’Ensae sont assurés par des professionnels, qui apportent leur retour d’expérience et font travailler les étudiants sur des cas concrets.
La banque, grand recruteur de jeunes Ensae
La récente enquête effectuée auprès des jeunes diplômés de la promo 2004 confirme la reconnaissance des professionnels quant à la qualité de formation de l’Ensae, particulièrement en finance. « Nous n’avons jamais connu de problèmes de débouchés pour nos étudiants » confirme Emmanuel Massé, sans une certaine fierté. De fait, avec 84 % des diplômés recrutés dans les quatre mois qui ont suivi leur diplôme, la tendance est bonne. Tout comme le niveau de salaire moyen, qui s’élève à 40 k€ annuels, fortement tiré à la hausse par les 45 % de jeunes financiers que compte la promo. Les plus nombreux sont les ingénieurs financiers (18 %), ex-æquo avec les actuaires (18 %), suivis ensuite par les traders (7 %) et les informaticiens (4 %). Des résultats conforment aux besoins actuels des institutions financières, contraintes d’embaucher de jeunes recrues opérationnelles pour faire face à l’évolution de leurs activités et au départ progressif de leurs aînés. Un avenir radieux donc pour les jeunes Ensae…
AN
