Un formidable accélérateur de carrière Alors que son rôle se limitait encore il y a quelques années à des fonctions de contrôle et d'organisation, le directeur d’audit est devenu aujourd’hui un personnage central dans l'organisation de l’entreprise. Généralement de formation financière ou comptable, il s’entoure le plus souvent de diplômés des grandes écoles, qui voient dans l’audit un moyen de dynamiser leur carrière.
On le compare couramment à un capitaine de navire. Comme lui, le directeur d'audit a pour mission de déterminer les moyens de parvenir à bon port de la manière la plus efficace et la plus sûre possible. Il est avant tout un professionnel de la finance et de la comptabilité: il se pose en garant des chiffres sociaux, du comportement, bref de l'image même de l'entreprise tant auprès de ses salariés que de la société civile. Ses principales qualités sont l’humilité et l’autonomie. Humilité d’abord, pour savoir accepter de se tromper. Car malgré les diplômes et les formations acquises par ces dirigeants de poigne, c’est sur le terrain, dans le « business » même de l’entreprise, que l’on acquiert une connaissance du risque, plus que dans les écoles. Tous sont d’accord sur ce point. C’est d’ailleurs pourquoi les directeurs d’audit sont souvent passés par une phase opérationnelle, riche d’expériences concrètes, afin d’acquérir une véritable culture d’entreprise et d’avoir une vision moins académique lors de l’analyse. Savoir regarder et écouter avant de conseiller, telle pourrait être leur devise.
La deuxième qualité requise pour faire de l’audit, et encore plus pour devenir directeur d’audit, est l’autonomie, alliée à une grande force de caractère. Seules les fortes personnalités peuvent arriver à s’affirmer face à des interlocuteurs parfois résistants aux changements. Savoir établir un dialogue et se faire écouter lors des recommandations demande une grande confiance en soi, et une rigueur irréprochable. Le métier de directeur d’audit est donc bien un métier bien plus « humain » que l’on ne pourrait croire.
D’autant que seul, il ne pourrait pas faire grand-chose. Les auditeurs qui font partie de son équipe représentent une ressource rare qu’il décide d’affecter où les besoins se font le plus sentir. Cette gestion des hommes est une lourde responsabilité dans la mission du directeur d’audit, car il est avant tout le garant de la bonne santé de l’entreprise. Le plus souvent, les auditeurs sont de jeunes diplômés qui sont dans l’entreprise depuis quelques années et passent par l’audit afin de renforcer leur connaissance du groupe. Les formations dans le milieu de l’audit sont diverses. Ainsi Hervé Gloaguen, lui-même ancien d’HEC (promotion 86), aujourd’hui directeur de l’audit chez AGF, reconnaît recruter essentiellement des diplômés d’école de commerce ou d’ingénieurs, comme Centrale, Supélec, Insa Lyon, Essec, ESCP... «Chez AGF, nous croyons beaucoup au modèle de pépinière. L’audit constitue un bon moyen d’acquérir une culture d’entreprise et d’analyser son fonctionnement. Les auditeurs restent en général 3 à 5 ans dans mon service, puis évoluent vers des postes plus opérationnels, comme le management d’équipe, avec des responsabilités accrues. L’audit est en ce sens un véritable tremplin pour booster une carrière ».
Pour autant, l’audit reste un métier à part entière et exige de grands sacrifices pour des missions assez courtes (3 à 5 mois en moyenne) mais très riches en contacts et en informations. Le directeur d’audit ne réalise que rarement des missions d’audit, laissant ce soin à ses auditeurs. Par contre, c’est lui qui décide de l’ordre des missions, et qui définit les priorités au sein de l’entreprise. Il doit également surveiller constamment l’évolution des normes et la mouvance des nouvelles lois, comme le débat actuel sur la gouvernance d’entreprise par exemple. Il rend compte ensuite directement à la direction générale des conclusions des enquêtes réalisées par son équipe.
Notons enfin que du fait de la variété des domaines à couvrir et des missions à conduire, le métier de directeur d’audit exige une gamme de compétences toujours plus étendue. Cette professionnalisation croissante des métiers de l’audit a donc abouti à la création et à la reconnaissance d’un diplôme, le CIA (Certified Internal Auditor). Véritable passeport international, il est le garant de la compétence et du professionnalisme des titulaires. Une évolution significative sur un marché de l’audit en pleine expansion.
AN
