La gestion des risques opérationnels mobilise les banquiers Les travaux de normalisation menés dans le secteur bancaire ont remis au goût du jour la notion de risques opérationnels, c’est à dire les risques que l’organisation, ses acteurs et l’environnement externe font courir à une banque. Si ce risque en soi n’est pas nouveau, l’évolution de la réglementation bancaire le replace au premier rang des préoccupations au travers des normes de « Bâle II ». Explications.
Si l’on entend communément par risques opérationnels le risque que quelque chose fonctionne mal dans les opérations quotidiennes d'une entreprise, les banques d'investissement gèrent également le risque de marché, le risque de crédit et le risque de liquidité. Tout le personnel assume en fait une partie de la responsabilité de la gestion des risques, mais il convient de distinguer quatre composants des risques opérationnels. Tout d’abord, le risque lié au système d’information : défaillance matérielle, bogue logiciel, obsolescence des technologies. Ensuite, vient le risques lié aux processus (saisies erronées, non respect des procédures). La banque doit aussi prendre en compte le risque lié aux personnes (absentéisme, fraude, mouvements sociaux) mais aussi la capacité de l'entreprise à assurer la relève sur les postes clés. Et enfin, le risque lié aux événements extérieurs (terrorisme, catastrophe naturelle, environnement réglementaire,…). De l’avis de tous les professionnels, ce risque n’est pas nouveau, mais revient au premier plan de l’actualité avec les nouvelles normes imposées par Bâle II.
Des objectifs réaffirmés par le Comité de Bâle II
Le Comité Bâle II a en effet mené une analyse quantitative des risques opérationnels sur près d’une centaine d’établissements, qui montre que la fréquence des incidents opérationnels a généré en moyenne près de 90 millions d’euros de perte. Autre constat : les sinistres les plus élevés sont aussi les mieux couverts (incendie, dégâts des eaux), mais c’est la diversité des risques non couverts qui explique l’importance du coût final. Pour Jean-François Pirus, PDG de la société de conseil Internet Business Services, et responsable du site BPMS.info, deux entités spécialisées dans le management des processus, les objectifs de maîtrise de ces risques opérationnels rejoignent ceux d’un système de management de la qualité : définition d’une politique générale appuyée par la direction, identification et quantification de ces risques, mise en place de mesures préventives et de mesures correctives en cas de sinistre et enfin surveillance permanente et reporting. A ceci près que les incidences de cette mesure sur le niveau des réserves financières à mobiliser rend la mise en place d'un tel outil de suivi obligatoire ». Une telle analyse des risques opérationnels permet de chercher des mesures de prévention pour réduire l’exposition aux situations dangereuses. Les compagnies d’assurance sont appelées à travailler en étroite collaboration avec les différents acteurs concernés afin d’optimiser leur couverture. « On peut même envisager d’intégrer les actions préventives afin de mettre en évidence leur incidence sur le niveau de risque. On rejoint alors des problématiques classiques d'optimisation si ce n'est que l'appréciation de la performance passe par des critères quelque peu spécifiques » estime Jean-François Pirus.
Des carrières prometteuses
Face à la croissance des besoins en gestion des risques, les banques ont fortement augmenté leurs recrutements au cours des dernières années. Encore relativement nouveau, le risque opérationnel est encore souvent traité au sein de différents départements. Ainsi, chez HSBC, l'une des plus grandes banques mondiales, plus de 100 personnes travaillent à des postes spécifiques de gestion des risques, et on constate que plus une entreprise est importante, plus les postes sont spécialisés. Pour faire carrière en gestion de risques opérationnels, une affinité avec les chiffres constitue une condition préalable. Les diplômes en finance, mathématiques, comptabilité et statistique sont privilégiés et beaucoup d'analystes possèdent une expérience professionnelle en comptabilité. Les employés de postes spécialisés, comme la modélisation quantitative, peuvent également posséder des doctorats dans le domaine en question. Prenant en compte l'importance croissante de ce domaine, l'Association mondiale des professionnels du risque (GARP) a mis en place un programme d'examen destiné aux professionnels de la gestion des risques. Cet examen, associé à une expérience de deux ans, débouche sur la certification FRM (Financial Risk Manager). En 2004, environ 2000 candidats ont participé à l'examen, organisé en novembre, deux fois plus qu’en 2000. Alors, à vos dossiers… !
AN
Sites utiles:
http://www.garp.com
http://www.bis.org
http://risk.ifci.ch
