Les Ensae et la finance Objectif : relever le défi de la finance
Grâce à sa double orientation économique et statistique, l’ENSAE a toujours eu un statut original parmi les grandes écoles scientifiques. A l’écoute des besoins du marché, près de la moitié de ses étudiants se dirigent aujourd’hui vers la finance et la banque-assurance. Explications avec Arthur Charpentier, professeur associé de Finance-Assurance.
« Nos étudiants sont très recherchés sur le marché du travail » se félicite d’emblée Arthur Charpentier, professeur de finance-assurance à l’ENSAE. « Les recruteurs apprécient leur double compétence à la fois micro et macro économique, le tout étayé par de solides connaissances mathématiques ». Si les étudiants ont toujours le choix entre une carrière d’économiste-statisticien (et pour une faible proportion d’administrateur à l’INSEE ou corps de Contrôles des Assurance), ils sont de plus en plus nombreux à se diriger vers la Banque-Finance (25 %) et l’Assurance (20 %). Une tendance qui s’explique par un fort besoin dans ces secteurs en analyse de bases de données, et par le récent bouleversement des règlementations et des systèmes de comptabilité, qui oblige les entreprises à recruter des jeunes bien formés sur ces nouvelles méthodes de travail. « La maîtrise des nouvelles normes IFRS ou des nouvelles techniques de valorisation de produits financiers complexes constituent par exemple des qualités particulièrement prisées » confie le professeur.
Un parcours à la carte
Alors même que tous les élèves ont acquis au cours des deux premières années, des notions fondamentales de finance, afin de les préparer à un stage éventuel dans le milieu bancaire, très courant en fin de deuxième année, ce n’est qu’en troisième année que commence réellement l’enseignement de la finance approfondie, par le biais du choix des options. En tout, une centaine de cours, regroupés en six voies d’approfondissement, s’offrent aux étudiants : statistiques, finance, actuariat, macroéconomie bancaire et internationale, méthodes quantitatives en sciences sociales ou Microéconomie (entreprise et marché). Un parcours à la carte qui leur permet de se diriger vers les matières qui les attirent le plus, pour préparer au mieux leur mémoire de troisième année. « Nous constatons un fort engouement pour les cours de finance depuis quelques années déjà, même si la grande euphorie de 2000 est retombée » confirme Arthur Charpentier. En suivant au plus près l’actualité économique du moment, une trentaine de cours de finance sont proposés aux étudiants, parmi lesquels on peut citer la gestion de risques, le scoring, l’économétrie de la finance (statique et dynamique), l’étude des marchés imparfaits, la gestion actif/passif, l’étude de la formation des prix…et en ce qui concerne l’assurance : la titrisation, la réassurance, les grands risques et bien sûr la protection sociale. Un panel assez large donc, dispensé par des professeurs chercheurs ou professionnels, tous spécialistes dans leur domaine, et en prise directe avec les entreprises ou l’administration. La présence du CREST (Centre de Recherche en Economie et Statistiques), qui regroupe neuf laboratoires, constitue également un atout de poids que les étudiants apprécient. Le centre de recherche a d’ailleurs contribué il y a quatre ans à la création d’un nouveau cours sur le risque crédit, jusqu’alors méconnu, avant d’être suivi dans cette initiative par de nombreux formations Master.
Les mathématiques comme base
Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’Ensae n’a pas fait le choix d’installer une salle de marché à l’intérieur de ses locaux. « Nous laissons les étudiants découvrir cela pendant leur stage » explique Arthur Charpentier, qui comme ses collègues, préfère mettre l’accent sur la maîtrise des outils mathématiques, à la base de toutes les simulations effectuées en cours. « Ainsi, les étudiants acquièrent une vision analytique des systèmes, qu’ils sont ensuite capables d’appliquer dans n’importe quel domaine. Beaucoup sont ainsi recrutés par de grandes banques pour intégrer leurs centres d’études ou leur département de gestion des risques ». En outre, notons que les élèves de la voie Finance-Actuariat ont la possibilité de devenir membres de l’Institut des Actuaires dès leur sortie de l’école, ce qui facilite leur accès au monde de la finance et de l’assurance. Historiquement concentrée sur les statistiques et l’économétrie, l’Ensae a donc pris, sous l’impulsion du marché et des étudiants, un virage macroéconomique et financier. Gageons que cette impulsion contribuera à renforcer la renommée de l’Ecole, tant sur le plan national qu’international.
AN
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